La grammaire nouvelle


Pour le cours L’écriture et sa didactique au préscolaire et au primaire (DDL5735) nous devions réfléchir sur différents contenus vus en classe. On nous a demandé trois de ces réflexions et ce billet concerne la première et porte sur la grammaire nouvelle.

 

Je savais qu’en retournant sur les bancs d’école , je serais probablement parmi les plus vieilles élèves, mais je ne pensais pas que je serais classée comme « traditionnelle ». Pourtant c’est bien le cas, du moins en ce qui concerne la grammaire ! Je n’avais jamais entendu parler de la grammaire nouvelle avant d’arriver à l’université. Quelle belle découverte! Une fois la mise à niveau du vocabulaire entamée (l’article laisse sa place au déterminant), je découvre une façon de présenter la grammaire qui permet de comprendre le fonctionnement de notre langue, et non les exceptions. Ayant un esprit mathématique très fort (on ne devient pas ingénieure par hasard), j’adore l’aspect mathématique amené par l’analyse en arborescence des phrases.

 

Je pense vraiment que cette façon de faire peut engager les élèves et rendre la théorie plus accessible et surtout plus cohérente. Je n’ai pas eu la chance de lire à ce sujet, mais je suis convaincue qu’à long terme, les élèves auxquels on a exclusivement enseigné la grammaire nouvelle font moins de fautes et écrivent avec plus d’assurance et sont plus en mesure de justifier leurs choix. La raison pour laquelle je n’ai rien lu là-dessus est probablement parce que très peu d’élèves ne seront exposés qu’à la grammaire nouvelle, et ce, pour différentes raisons. Premièrement, une grande partie des enseignants en place ont reçu un enseignement traditionnel de la grammaire et ont dû être formés à cette nouvelle vision de la langue. Le résultat ? Il y a beaucoup de variations d’une classe à l’autre, d’une année à l’autre. C’est plus une grammaire hybride que la grammaire nouvelle qui est enseignée… J’ai été en mesure de l’observer en stage, en suppléance et avec mes trois enfants. Les cahiers d’exercices présentent souvent la grammaire nouvelle de façon correcte, mais l’enseignant enseigne aux élèves autre chose comme les traditionnelles questions grammaticales, par exemple « qui est-ce qui ? », pour trouver le sujet du verbe. J’ai plusieurs fois vu en classe des affiches proposant cette façon de faire désuète.

 

Ceci met de l’avant un autre aspect de la profession enseignante, le développement professionnel. Les savoirs ne sont pas statiques et il est essentiel de se mettre à niveau. Toutefois, tant le gouvernement, les directions d’école et parfois les enseignants n’y mettent pas le temps nécessaire. Il est impératif de voir la formation continue comme naturelle et la valoriser, voire l’exiger si l’on veut s’assurer que nos élèves reçoivent un enseignement de pointe donné par des enseignants compétents (voir mon billet L’ordre des enseignants du Québec). Pour ma part, j’espère encore améliorer ma connaissance de la grammaire nouvelle pour pouvoir continuer de développer la deuxième compétence professionnelle, mais aussi pour pouvoir intégrer judicieusement dans ma classe les méthodes d’enseignement innovantes de la grammaire comme la dictée zéro faute ou la phrase dictée du jour.

 

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Synthèse #1
Voici ma réflexion plus poussée sur la grammaire nouvelle qui est à la base de ce billet.
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