Mon bilan - à peaufiner

Même si ces quatre dernières années m’ont paru parfois bien longues, elles ne représentent pas assez de temps pour pouvoir prétendre maîtriser l’ensemble des 13 compétences professionnelles. Après avoir parlé des trois compétences que je considère le mieux maîtriser, le présent billet concernera les trois compétences je crois devoir encore peaufiner et pour lesquelles j’ai défini des objectifs de développement professionnel.

 

La première compétence que je considère devoir encore peaufiner est la compétence 5, Évaluer la progression des apprentissages et le degré d'acquisition des compétences des élèves pour les contenus à faire apprendre. Bien que cette compétence était au centre de notre troisième stage, j’estime que les expériences vécues à date ne m’ont donné qu’un aperçu partiel de ce que la maîtrise de cette compétence implique. En fait, si je me fie au niveau de maîtrise du développement de cette compétence attendu (MEQ, 2001) c’est la composante suivante que je désire travailler : « Contribuer, avec ses pairs, à la préparation du matériel d’évaluation, à l’interprétation des productions des élèves au regard du développement des compétences et à l’élaboration d’outils de communication destinés aux parents ».

 

L’évaluation des apprentissages est une démarche qui permet de porter un jugement sur les compétences développées et les connaissances acquises par les élèves en vue de prendre une décision et agir (MELS, 2002, cité par Durand et Chouinard[1], 2012). S’il y a une chose que le cours PFE4511 Évaluation des apprentissages au primaire m’aura appris, c’est qu’il y a une multitude de façons d’évaluer les apprentissages des élèves et que, comme pour nos activités d’apprentissage, il est essentiel de définir nos intentions d’évaluation si l’on désire vraiment poser un jugement pertinent sur le développement des compétences de nos élèves. Ces intentions d’évaluation doivent prendre en considération les valeurs fondamentales et instrumentales, qui régissent tout jugement professionnel, telles que présentées dans la Politique d’évaluation des apprentissages publiée par le Ministère de l’Éducation du Québec en 2013. Ces six valeurs (justice, cohérence, équité, transparence, égalité, rigueur) devraient être au cœur de chacune des évaluations que nous faisons de nos élèves.

 

Somme toute, j’ai rarement eu à évaluer les élèves durant mes stages. J’ai bien construit des grilles d’évaluation pour mes projets, mais jamais en équipe de niveau. Comme mon 3e stage s’est déroulé en milieu alternatif, j’ai peu expérimenté les évaluations formelles. Bien que je sois suppléante depuis près de 3 ans, ces journées en classe n’incluent que très rarement des évaluations. Et s’il y a évaluation, nous ne sommes que de simples « distributeurs » d’examen. Ce n’est pas tellement la création d’outils d’évaluation qui me manque, mais, bien plus, la création en équipe de ces outils et l’interprétation commune des résultats.

 

Afin d’augmenter ma maîtrise de la 5e compétence, je me propose, lors de mon premier contrat, de créer, de concert avec mes collègues de niveau, une grille d’évaluation commune pour SAÉ de mathématiques et de comparer en équipe les résultats obtenus par nos élèves. Il est certain que je devrai d’abord amener mes collègues à faire les mêmes évaluations si ce n’est pas déjà le cas (histoire de travailler ma compétence #10).

 

La seconde compétence que je désire améliorer est la compétence 7, Adapter ses interventions aux besoins et aux caractéristiques des élèves présentant des difficultés d'apprentissage, d'adaptation ou un handicap. Encore une fois, si je me fie au niveau de maîtrise du développement de cette compétence attendu (MEQ, 2001), je réalise que je n’ai jamais travaillé à la conception et la mise en œuvre d’un PIA que ce soit en stage ou encore en suppléance. En effet, lors de mon premier stage, je n’ai que lu les PIA des élèves de la classe. Aucun n’élève n’avait de PIA lors de mes 2e et 3e stages. De plus, je n’ai jamais consulté de PIA lors de journées de suppléance, ce qui est bien normal.

 

Sans avoir eu l’opportunité de participer à la conception et la mise en œuvre d’un PIA, je sais toutefois que ce document est souvent considéré comme confidentiel et à accès restreint. Je ne suis pas nécessairement en accord avec cette vision des choses. En effet, je crois que le PIA devrait être un document de travail facilement accessible à tous les intervenants auprès de l’élève. C’est ainsi que tous seront en mesure de travailler de façon concertée, et ce, non seulement lors de sa rédaction pour ensuite travailler en silos… Je partage la vision d’Henry Hoppe sur le PIA, telle qu’il la présente dans son article Le plan d’Intervention « Ketchup » dans la revue Vie Pédagogique de février 2012. « Document officiel et non confidentiel, dynamique et non statique, évolutif et non restrictif, le plan d’intervention adapté est plus qu’un outil. Il constitue une porte ouverte à une prise de responsabilité vis-à-vis de quelqu’un, laquelle prise de responsabilité est concertée et systémique. Pour l’élève, il constitue la perspective qui s’ouvre à lui dans la certitude d’être suivi et encadré pour que son parcours scolaire s’inscrive dans la voie de la réussite. Une réussite dont il fera, par ses moyens, ses désirs et ses ambitions, une réussite qui lui ressemble qui est la sienne. Cette réussite qu’il aura bâtie avec le soutien de son environnement socioéducatif, au moyen de son PIA... »

 

Je sais qu’un PIA a été rédigé pour certains élèves de mon prochain milieu de stage. Afin de m’aider à peaufiner la compétence #7, et pour mieux connaître mes élèves et mettre en place les recommandations qui s’y trouvent, je souhaite, avant la fin de la deuxième semaine de stage avoir lu l’ensemble des PIA des élèves de ma classe. Je vais aussi demander à mon enseignante associée, l’orthopédagogue et la psychoéducatrice de pouvoir participer aux rencontres de révision de PIA prévues durant mon stage.

 

Finalement, la troisième compétence que je considère devoir peaufiner est la compétence 9, Coopérer avec l'équipe-école, les parents, les différents partenaires sociaux et les élèves en vue de l'atteinte des objectifs éducatifs de l'école, particulièrement l’aspect concernant l’établissement d’une relation de confiance avec les parents. Ce n’est pas la suppléance qui m’aura permis de rencontrer des parents. Certes, j’ai été en mesure de rencontrer des parents lors de mes deux premiers stages et j’ai participé aux rencontres de bulletin lors de mon 3e stage, mais, chaque fois, je le faisais comme stagiaire et non comme enseignante. M’adresser aux parents comme principal responsable des apprentissages de leur enfant est une tout autre histoire!

 

Tant au Québec que sur le plan international, les études montrent que l’implication des parents dans le parcours scolaire de leur enfant favorise non seulement sa réussite scolaire, mais aussi son sentiment de bien-être, son assiduité, sa motivation et ses aspirations, tout en ayant des répercussions positives sur les parents eux-mêmes et sur les enseignants (Larivée, 2012; Larivée, 2010; Deslandes, 2006; Deslandes et Bertrand, 2004; Ministère de l’Éducation, 2004; Epstein, 2001; Saint-Laurent et autres, 1994, cités par L’Institut de la statistique Québec, 2013[2]). La meilleure façon d’impliquer les parents est justement de mettre en place une relation de confiance avec ceux-ci, afin de travailler ensemble vers le succès de leur enfant.

 

Dès mon premier contrat, je veux mettre en place cette fameuse relation de confiance. Pour un contrat de courte durée, dès la fin de la première semaine, je vais communiquer avec les parents, préférablement par courriel, pour leur présenter qui je suis ainsi que ma vision de l’enseignement et du type de relation que je veux instaurer avec eux. Je veux aussi leur demander de me communiquer leurs attentes face à notre relation. Afin de les aider à mieux me connaître, je vais les inviter à consulter mon portfolio professionnel et les informer que je suis toujours ouverte à les rencontrer. Pour un contrat de longue durée, je ferai une rencontre en classe avec les parents (un peu comme une rencontre de début d’année), et ce, avec les mêmes objectifs que le courriel dont je viens de parler. Cette rencontre devrait avoir lieu au plus tard vers la fin de la seconde semaine du contrat.

 

Mon dernier stage commencera sous peu. J’aurai encore trois mois pour continuer à développer mes compétences sous le regard bienveillant d’une superviseure et d’une enseignante associée avant de terminer mon baccalauréat et de voler de mes propres ailes… Est-ce le début de la fin ou la fin du début?



[1] Durand, M., Chouinard, R. (2012). L’évaluation des apprentissages. Montréal : Éditions MD.

[2] Nanhou, V., Desrosiers, H., Belleau, L. (2013). La collaboration parent-école au primaire: le point de vue des parents. Institut de la statistique Québec.

 

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Martin (lundi, 19 juin 2017 13:33)

    Excellente réflexion qui pose les vraies questions.